La Gueule d'Or





La vacuité de l'opulence


L'image qui vient à l'esprit lorsque le nom de Gueule d'Or est prononcé est celle d'une bouche grande ouverte et insatiable, de laquelle débordent pourtant des flots étouffants de trésors. Nul autre culte ne semble porter aussi bien son nom et ceux qui se fourvoient à penser le contraire changeraient sûrement d'avis en observant les esclaves de Laethys, dont la soif de l'avoir n'a d'égale que leur cupidité sans limite.

Ces marchands, de véritables escrocs, ont à leur solde des magistrats qui se laissent corrompre avec joie. Les membres de la Gueule d'Or exécutent leurs rituels décadents au sein des arcanes du pouvoir comme au cœur des somptueuses demeures des trop nantis, et lorsque leurs réjouissances obscènes prennent fin aux dernières lueurs du jour, ils imaginent alors de sombres desseins pour engranger encore plus de richesse et de pouvoir.

Partout où la convoitise règne, la Gueule d'Or est présente et se propage tel un véritable fléau. Ses adorateurs arrachent aux travailleurs leur argent durement gagné, aux paysans, les fruits de leur récolte et aux enfants, leurs biens les plus précieux, leurs jouets. Pourtant, rien ne semble jamais satisfaire leur irrassasiable appétit.

Les architectes du désir


La Gueule d'Or est une organisation occulte à la structure rigide, une véritable pyramide de nobliaux obséquieux et de flagorneurs au sommet de laquelle trône Laethys, le Dragon d'Or, et où les moins puissants vénèrent (et envient) les biens et l'influence de leurs supérieurs. Tous les adorateurs du dragon de la Terre veulent le libérer et le lancer à l'assaut du monde pour se nourrir des restes qu'il voudra bien leur concéder.

Gardez à l'esprit que ce culte est l'instigateur de tous les excès. La gloutonnerie, la perversité, le narcissisme sont des qualités recherchées parmi ses membres, chacun étant convaincu que Laethys a un faible pour les adorateurs qui mangent sans jamais être rassasiés ou qui envient sa perfection sans jamais ne pouvoir l'atteindre... Mais il n'existe qu'un seul être pour qui ce dragon éprouve un amour authentique.

Les ors de l'empire


Eboni était la plus faste des forteresses eths, et sa reine, Callista, le plus précieux de ses trésors. Cette dernière arracha de la terre un nombre incomparable de merveilles cachées, à l'instar de ses parents et grands-parents avant elle, et érigea Eboni au rang de cité prospère et fortifiée au-delà de tous les rêves des Eths. Les goûts de la famille royale devinrent de plus en plus exigeants, et Callista ne dérogea pas à la règle : la légende raconte qu'elle fit trancher les mains d'un artisan qui lui avait fabriqué une poupée de porcelaine au lieu d'une en or.

Lorsque la Tempête Sanglante noya Eboni dans les ténèbres, Callista fit ériger des statues de dragons dorés dans toutes les rues de la cité. À leur vue, les passants ressentaient une avidité grandissante et l'envie de posséder toujours plus : davantage de biens, des amants plus nombreux et un pouvoir sans cesse croissant. La certitude que leurs voisins, leurs proches et leurs enfants possédaient ce qui leur faisait défaut germa en eux. Et c'est ainsi qu'Eboni entière sombra dans la haine et le crime, jusqu'à ce que ses rues ne soient plus que de véritables coupe-gorge.

Le peu de survivants ne tardèrent pas à vivre comme des bêtes sauvages au milieu d'une citée dévastée. Lorsque Laethys franchit les portes de la ville et laissa traîner dans son sillage des copeaux de cuivre, le peuple vit en ce dragon son sauveur.

Laethys fit d'Eboni son bastion sans rencontrer de résistance, car elle avait déjà rallié Callista à sa cause. Lorsqu'Amardis et ses troupes menèrent l'assaut sur Eboni et la transformèrent en un volcan afin d'y emprisonner Laethys, ils trouvèrent Callista au milieu d'un flot de lave, à genoux parmi la foule. Elle serrait ses trésors empilés contre sa poitrine, pourtant trop nombreux pour que ses bras puissent les porter, et dans son égarement, elle ne réalisait pas que tout ce qui l'entourait n'était plus qu'un torrent de scories brillantes.

Alors que l'or en fusion l'atteignait, Callista ne poussa aucun cri et esquissa au contraire un sourire. Sa beauté n'avait en rien été altérée. « Bientôt, je serai comme Laethys. Bientôt, je revêtirai mon habit de lumière. »

Cet article a été vu 1346 fois

Rift: Planes of Telara™ par Trion Worlds Inc.
Corpyright © 2010 Trion Worlds, Inc. Tous droits réservés.
Copyright © 2010 Univers Virtuels pour le contenu du site.
Design : Cristof Template: Cypher, Code: JB